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 Le lymphome.

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MessageSujet: Le lymphome.   Lun 5 Mar - 19:53:01

Eclaircissements sur le lymphome.

Zoom sur le système lymphatique

Le système lymphatique fait partie des défenses de notre organisme. Il se mobilise et réagit face aux maladies et aux infections. Il constitue un réseau de minces canaux, les vaisseaux lymphatiques, par lesquels circulent les anticorps, les cellules qui les produisent et celles qui détruisent les virus et les bactéries.

Ces vaisseaux lymphatiques transportent la lymphe, un liquide pâle dans lequel circule certains nutriments, en particulier les lipides, mais aussi les cellules servant à la défense de l’organisme, en particulier les lymphocytes B et T, appelés aussi globules blancs. Situés au niveau des coudes, de l’aine, de l’abdomen et de la poitrine, du cou et des aisselles, les ganglions lymphatiques ont pour mission de filtrer la lymphe et d’éliminer toutes les bactéries, virus et autres substances étrangères qui peuvent s’y trouver. D’autres organes comme la rate, la moelle osseuse, les amygdales et le thymus participent également à ce filtrage.

Des symptômes au diagnostic

On entend par lymphome le terme générique de tout cancer qui se développe dans le système lymphatique. Ce cancer se caractérise par la multiplication anarchique des lymphocytes qui s’accumulent pour former des tumeurs dans divers éléments du système lymphatique : ganglions, mais aussi des organes très divers puisque les lymphocytes circulent dans tout le corps et tous les organes. L’origine de ces cancers reste en partie mystérieuse. Certains facteurs de risque ont été identifiés : maladie du système immunitaire, infection grave, utilisation d’immunosuppresseurs, traitement de chimiothérapie ou radiothérapie, exposition aux pesticides, infection virale… Mais la maladie peut apparaître alors qu’aucun de ces facteurs de risque n’est présent.

Les symptômes les plus courants sont une grosseur indolore au niveau du cou, des aisselles ou de l’aine, ainsi que des symptômes généraux : fièvre, sueurs nocturnes, perte de poids, fatigue, toux et difficultés respiratoires… Seul un examen au microscope d’un ganglion lymphatique (à partir d’une biopsie) permet d’établir le diagnostic et de déterminer le type de lymphome.

Deux grands types de lymphomes

Il existe deux grands types de lymphomes :

_ Les lymphomes hodgkiniens (appelés également maladie de Hodgkin) se caractérisent par la présence de certaines cellules cancéreuses anormales, les cellules de Reed Stenberg (qui ne sont pas présente dans les autres formes de lymphomes). Dans le monde, on compte 62 000 cas de lymphomes hodgkiniens et 25 000 décès chaque année ;
_ Les lymphomes non hodgkiniens (LNH). Ces derniers représentent près de 90 % des cas. On compte dans le monde chaque année 286 000 cas de lymphomes non hodgkiniens et 161 000 décès. Mais cette catégorie regroupe en fait plus de 30 formes différentes de lymphomes, généralement répartis en deux groupes selon la vitesse d’évolution de la tumeur :
* Les lymphomes indolents, à évolution plutôt lente, dont les formes les plus fréquentes sont les lymphomes folliculaires (25 % des cas).
* Les lymphomes agressifs, à évolution rapide, dont les formes les plus fréquentes sont les lymphomes diffus à grandes cellules B (35 % des cas).
Face à ces cancers, il existe différents traitements choisis en fonction du stade d’avancement, du type de tumeur… Pour en savoir plus, reportez-vous à notre article sur les traitements des lymphomes.

David Bême

Source :

Dossier de presse France Lymphome Espoir
Lymphoma Coalition
Données chiffrées du Centre International de Rercherche sur le Cancer 2000

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MessageSujet: Re: Le lymphome.   Lun 5 Mar - 19:54:15

Les lymphomes en chiffres

On diagnostique en France 11 000 nouveaux cas de lymphomes chaque année. Les lymphomes représentent par ordre fréquence des cancers le 6e rang survenant chez les hommes et les femmes. Quelques chiffres permettent de mieux appréhender la réalité de ce cancer méconnu.

Les lymphomes représentent le 6e rang par ordre de fréquence des cancers et le 7e en terme de cause de décès par cancer en France. Près d’un patient sur deux atteint d’un lymphome décède de sa maladie. Les hommes sont légèrement plus touchés que les femmes (pour les lymphomes non hodgkiniens, le sexe ratio est de 1,7). On distingue dans les chiffres ci-dessous les lymphome non-hodgkiniens et les lymphomes hodgkiniens ou maladie de Hodgkin.

Lymphomes non hodgkiniens

_ Les lymphomes non hodgkiniens (LNH) sont les plus fréquents des lymphomes, avec plus de 9 900 nouveaux cas estimés chaque année en France ;
_ Le nombre de décès est de plus de 5200 par an ;
_ L’âge médian au moment du diagnostic du lymphome non hodgkinien est de 64 ans chez l’homme et de 70 ans chez la femme ;
_ Au cours des dernières décennies, on a observé une augmentation de l’incidence des lymphomes non hodgkiniens de 3 à 5 % par an, liée en partie au vieillissement de la population. Des facteurs environnementaux (exposition à des toxiques) ont également été mis en cause pour expliquer cet accroissement de l’incidence. Un récent rapport de l’Institut de veille sanitaire a ainsi retenu cette maladie comme l’un des six cancers à particulièrement surveiller comme pouvant avoir des causes environnementales ;
_ La durée médiane de survie d’un patient atteint d’un LNH folliculaire traité est de 8 à 10 ans. Dans les formes étendues ou avancées de la maladie, les traitements conventionnels ne permettent habituellement pas d’obtenir une guérison définitive mais visent à allonger le temps de vie sans maladie et l’espérance de vie.
Le pourcentage de survie à 10 ans varie cependant considérablement en fonction de la sévérité de la maladie au moment du diagnostic :

Sévérité maladie Risque//Fréquence//Survie à 10 ans

Faible-------------------------------36 %-------------71 %

Intermédiaire ---------------------37 %-------------51 %

Elevé--------------------------------27 %-------------36 %


_ Les LNH agressifs sont des maladies évoluant très rapidement, mais une proportion substantielle de patients chez qui le traitement est efficace va être définitivement guérie de son lymphome. La durée médiane de survie à 5 ans des patients est fonction de la sévérité de la maladie au moment du diagnostic :

Sévérité maladie Risque//Fréquence//Survie à 5 ans

Faible-------------------------------35 %-------------73 %

Intermédiaire faible --------------27 %-------------51 %

Intermédiaire haut ---------------22%--------------43%

Haut---------------------------------16 %-------------26 %

Lymphomes hodgkiniens

_ Les lymphomes hodgkiniens (maladie de Hodgkin) touchent un peu plus de 1 300 nouvelles personnes chaque année en France ;
_ Il existe deux pics de fréquence de la maladie de Hodgkin : l’un autour de 30 ans, l’autre autour de 60 ans ;
_ Le nombre de nouveaux cas de la maladie de Hodgkin a été stable au cours des dernières décennies, voire en diminution ;
_ La mortalité de la maladie de Hodgkin est en diminution, avec une majorité de patients guéris à long terme.

Luc Blanchot

Sources :
Evolution de l’incidence et de la mortalité par cancer en France de 1978 à 2000 - Institut National de Veille Sanitaire, août 2003.
Cancers prioritaires à surveiller et étudier en lien avec l’environnement – Institut National de Veille Sanitaire, Juillet 2006.

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MessageSujet: Re: Le lymphome.   Lun 5 Mar - 19:54:59

Les traitements des lymphomes

Il existe plusieurs traitements face aux lymphomes en fonction de son stade d’avancement, du type de cellules cancéreuses, de l’état de santé général du patient… Chaque cas est quasiment unique. Le point avec le Pr. Gilles Salles du service d’hématologie du CHU de Lyon et membre du Groupe d’Etude des Lymphomes de l’Adulte (Gela).

Du diagnostic au traitement, la prise en charge des lymphomes a largement évolué depuis quelques années.

A chaque patient, son traitement !

"Avant tout traitement, le diagnostic doit être posé avec précision grâce à une biopsie (prélèvement de tissu malade) d’un ganglion ou d’un organe lésé. Effectué lors d’une intervention chirurgicale le plus souvent bénigne, ce prélèvement permettra de préciser les caractéristiques des cellules tumorales" précise le Pr. Salles. Le traitement dépend donc du type de lymphome (indolent ou agressif) mais également de différents facteurs pronostiques de la maladie (stade, nombre de ganglions, extension à certains organes, état de santé général, âge du patient…).

Autre particularité des traitements du lymphome, la mise en route du traitement peut dans certains cas être décalé dans le temps par rapport au diagnostic. C’est principalement le cas avec certains lymphomes indolents, pour lesquels une période d’observation peut être indiquée. Cette période "Wait and see" est possible alors que le patient peut mener une vie normale et présente peu de symptômes, même s’il devra subir différents examens médicaux (y compris des scanners et des prises de sang), consulter régulièrement son médecin et rapporter tout nouveau symptôme. Pour la plupart des cas et pour les lymphomes agressifs, un traitement rapide est au contraire préconisé.

"L’évolution naturelle des lymphomes indolents (à croissance lente) est mieux maîtrisée grâce aux traitements actuels, même s’il n’est, dans ce cas, pas possible de parler de guérison. A l’inverse, agressifs (dont la croissance est rapide) peuvent être guéris dans près de la moitié des cas. Cela va de 80 à 90 % de guérison pour des cancers localisés chez des patients n’ayant aucun autre facteur pronostique défavorable à 30-40 % de guérison face à un cancer étendu chez un patient particulièrement âgé" témoigne le Pr. Gilles Salles.

Chimiothérapie, radiothérapie et greffe de moelle osseuse

La première arme face au lymphome reste l’administration d’une chimiothérapie. Ce cocktail permet de détruire les cellules cancéreuses en empêchant leur prolifération. Le protocole varie en fonction du lymphome et est individualisé pour chaque patient. Selon le Pr. Salles, "les agents de chimiothérapie peuvent être administrés seuls ou en association ; ce qui est plus souvent le cas, on parle alors de polychimiothérapie*". La chimiothérapie peut être aujourd’hui complétée par l’administration de traitements moins agressifs obtenus par génie génétique : les anticorps monoclonaux. "La radiothérapie est aujourd’hui très peu utilisée pour éliminer les cellules cancéreuses sauf face à la maladie de Hodgkin en plus de la chimiothérapie pour compléter le traitement sur les groupes de ganglions initialement touchés par la maladie" précise le Pr. Salles.

Mais il est parfois aussi nécessaire de prescrire de très fortes doses de chimiothérapie pour venir à bout des cellules cancéreuses. Ce qui va également détruire les cellules saines de la moelle osseuse (qui donnent naissance aux globules rouges chargés de distribuer l’oxygène dans tout l’organisme et d’évacuer le déchet de gaz carbonique et aux globules blancs chargés de protéger l’organisme des infections et enfin aux plaquettes qui permettent au sang de se coaguler). Ainsi, des greffes de cellules souches du sang (obtenues par prélèvement dans la moelle osseuse ou plus souvent en périphérique dans les vaisseaux sanguins, on parle de cellules souches circulantes) sont parfois nécessaires. On peut procéder pour cela à des greffes de cellules souches venant d’un donneur, souvent un parent (greffe allogénique) ou du patient lui-même (les cellules sont prélevées avant le début du traitement intensif). "L’autogreffe permet de consolider le traitement et de réduire le risque de rechute" déclare le Pr. Salles. L’allogreffe est plus rarement utilisée.

L’apport des anticorps monoclonaux

Les anticorps monoclonaux ont marqué un tournant dans la prise en charge des lymphomes. Produits en laboratoires, ces médicaments imitent les anticorps naturels et sont capables de se lier à des récepteurs spécifiques situés à la surface d’une cellule cancéreuse. Une fois amarré, cet anticorps est capable de la détruire ou d’induire une réponse immunitaire de l’organisme. "Ils peuvent être administrés seuls ou en association avec une chimiothérapie. Ils sont également capable de transporter des toxines ou des radio-isotopes capables de détruire la cellule cancéreuse" précise le Pr. Salles.

Dans le traitement des lymphomes, on distingue deux grandes molécules :

_ Le rituximab (Mabthera®), qui est un anticorps anti-CD20, est indiqué dans le traitement des lymphomes non hodgkiniens à lymphocytes B (80 % des lymphomes non hodgkiniens) en première ligne de traitement ou lors des rechutes. Les chercheurs pensent que ce médicament agit en stimulant les mécanismes du système immunitaire du patient qui vont alors détruire la cellule cancéreuse recouverte d’anticorps. Il existerait aussi un effet synergique entre l’action de la chimiothérapie et celle de l’anticorps monoclonal. En stimulant l’apoptose, ce dernier augmenterait la sensibilité des cellules à la chimiothérapie. Résultat : l’association polychimiothérapie+anticorps monoclonal améliore les taux de guérison et la survie, y compris après une rechute.
_ L’ibritumomab Tiuxetan (Zevalin®) est indiqué en cas de rechute ou d’échec du traitement par le rituximab. Il combine un anticorps monoclonal et une molécule radioactive. Cet assemblage permet d’irradier spécifiquement la tumeur.

"Par ailleurs, les progrès de l’imagerie médicale avec le Pet-Scan sont capables aujourd’hui de mieux évaluer l’extension de la maladie mais également l’efficacité du traitement, permettant ainsi de l’adapter à la qualité des résultats obtenus (montrer que l’on est sur la bonne voie avec le traitement choisi initialement, en changer en cas de résultat insuffisant" précise le Pr. Salles, avant de conclure sur les nouvelles voies de recherche. "De nouveaux anticorps sont actuellement en cours de développement, ciblant d’autres antigènes (anti-CD52 -Mabcampath®, anti-CD30…) ou améliorant les anticorps anti-CD20 pour les rendre plus efficaces. D’autres études portent actuellement sur des molécules capables d’agir sur des gènes impliqués dans l’apparition des lymphomes, sur des mécanismes cellulaires, ainsi que des vaccins et des tests permettant de mieux appréhender l’issue du traitement...".

David Bême

* Le protocole le plus souvent employé est le CHOP (qui associe adriamycine, cyclophosphamide, vincristine et prednisone) ou l’ACVBP (qui associe adriamycine, cyclophosphamide, vindésine, bléomycine et prednisone) toutes les deux ou trois semaines.

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MessageSujet: Re: Le lymphome.   Lun 5 Mar - 19:55:51

Greffe de moelle : des indications multiples

Les greffes de moelle permettent de traiter un cancer et apportent un réel espoir, lorsque la prise en charge classique est insuffisamment efficace. Différentes méthodes permettent de reconstituer la moelle osseuse d'un malade. Mais faute de donneurs compatibles, la plupart des transplantations sont réalisées avec les propres cellules du patient.

Pourquoi la greffe de moelle ?

C'est dans la moelle osseuse, contenue à l'intérieur des os, que sont produites les cellules souches qui vont elles-mêmes donner naissance aux cellules du sang. Le greffe de moelle est une transplantation particulière car le malade peut être greffé avec sa propre moelle (autogreffe) ou avec la moelle d'un donneur (allogreffe). Si le donneur est un jumeau identique, cas qui donne les meilleurs résultats, il s'agit d'une greffe syngénique. Il existe deux grands types d'indication pour ces greffes :

_ Une greffe peut être indiquée pour traiter de manière plus intense un cancer, notamment un cancer du sang. Le principe est de donner un traitement très fort pour éliminer totalement les cellules tumorales. Ce traitement est toxique pour les cellules qui se renouvellent vite, ce qui est le cas des cellules cancéreuses, mais aussi des cellules de la moelle. La greffe de moelle va permettre de reconstituer rapidement la moelle détruite. La plupart des greffes (80 %) sont réalisées dans ce type d'indication. Cependant, beaucoup de cancers peuvent guérir sans greffe de moelle. Cette dernière pouvant entraîner des complications graves, elle n'est souvent proposée que lorsque les autres traitements ont échoué ;
_ Dans 20 % des cas, elles sont utilisées pour d'autres maladies, comme les aplasies médullaires, c'est-à-dire quand la moelle a été détruite par une substance toxique, par exemple, ou après une infection. Elle peut aussi avoir pour objectif de reconstituer une moelle normale, chez des personnes qui, pour une raison génétique, ont des cellules anormales : anomalies des globules rouges ou des lymphocytes, responsables de déficits immunitaires...

En 2002, 315 donneurs apparentés et 111 donneurs non apparentés ont fait un don de moelle. La même année, 104 adultes et 56 enfants ont eu prélèvement de moelle osseuse pour une autogreffe. Ces greffes de moelle ont tendance a diminué, au profit de deux autres techniques : la cytaphérèse et la greffe de sang de cordon :

_ La cytaphérèse permet de prélever des cellules souches dans le sang. Après avoir donner un médicament qui favorise le passage de ces cellules de la moelle vers le sang, un cathéter est posé dans une grosse veine et le sang est dérivé pour passer dans une machine de tri cellulaire. Dans cet appareil, les cellules-souches sont sélectionnées et prélevées, tandis que le reste du sang est réinjecté. La procédure dure généralement 4 ou 5 heures. En 2002, 7 290 cytaphérèses pour obtenir des cellules souches ont été réalisées chez 3 740 personnes. La très grande majorité était destinée à des autogreffes (91,5 % des cas) réalisées le plus souvent pour traiter des cancers ;

_ La greffe de sang de cordon consiste à greffer les cellules du sang placentaire, prélevées dans le cordon ombilical de nouveau-nés, juste après la naissance. Ces cellules ont la particularité de se multiplier rapidement est d'entraîner un moindre risque de rejet, du fait de leur caractère immature. Il est ainsi possible de réaliser une greffe en ne respectant pas une compatibilité HLA totale. Les prélèvements de sang du cordon sont congelés et conservés dans des banques. 47 greffes de sang de cordon ont été réalisées en 2002.
Ces différents types de greffe sont réunis aujourd'hui sous le terme de greffes de cellules-souches hématopoïétiques.

En 2002, 699 malades ont été inscrits sur la liste des patients en attente d'une allogreffe gérée par l'Etablissement Français des Greffes aujourd'hui remplacé par l'Agence de Biomédecine, en liaison avec l'association France Greffe de moelle. Un donneur compatible a été recherché dans les registres internationaux de volontaires et dans les banques internationales où sont conservées plus de 135 000 unités de sang placentaire.

Le risque de rejet est particulièrement élevé pour les greffes de moelle. Aussi est-il indispensable que donneur et receveur soit le plus proche possible dans le système HLA, système majeur de reconnaissance des cellules étrangères par le système immunitaire. Un quart des malades ont un frère ou une soeur HLA compatible. Pour eux la greffe, si elle est indiquée, peut être rapide.

Les autres ne pourront être greffés que s'il est possible de trouver un donneur anonyme HLA compatible dans le fichier des donneurs volontaires. Les chances sont extrêmement minces : une sur un million, voire moins pour les groupes rares. Fin 2001, 6,6 millions de donneurs potentiels étaient inscrits sur les fichiers mondiaux et plus de 100 000 sur le fichier français (dont plus de 60 % de femmes). La moelle n'est prélevée, chez le donneur volontaire, qu'au moment où le croisement des fichiers avec les listes d'attente pour la greffe montre une demande pour un malade HLA compatible.

Peu de greffes sont réalisées grâce à ce système. En 2002, 919 personnes ont reçu 932 allogreffes ; 657 greffons provenaient d'un donneur apparenté et 275 seulement d'un donneur non apparenté. La plupart étaient des greffes de moelle osseuse (54 % des cas), bien que la place des greffes de cellules souches du sang progresse (40 % des cas). Les receveurs étaient, dans l'ensemble, très jeunes puisque leur moyenne d'âge était de 34 ans. Seuls 11 % d'entre eux avaient plus de 55 ans. Les greffes de sang du cordon représentaient 5 % des cas. Ces allogreffes étaient justifiées par une maladie cancéreuse hématologique dans 85 % des cas.

Les autogreffes sont, en fait, bien plus fréquentes que les allogreffes, du fait notamment des difficultés à trouver un donneur compatible. En 2002, 2 688 malades ont reçu 3 093 autogreffes, presque toujours (97,6 % des cas) à partir du sang. Leur moyenne d'âge était de 47 ans. 83 % avaient une maladie maligne hématologique (le plus souvent lymphome non hodgkinien ou myélome, leucémie plus rarement), 16 % une tumeur cancéreuse (cancer du sein le plus souvent).

Le déroulement de la greffe

La moelle est toujours prélevée chez une personne vivante. Il s'agit de la seule greffe pour laquelle le donneur peut être mineur. Mais, le don ne peut être réalisé, dans ce cas, que pour un frère ou une soeur, et seulement après accord d'un comité d'expert. Des examens de sang sont d'abord réalisés chez le donneur pour vérifier l'absence d'infection (sida, hépatites B et C, syphilis, toxoplasmose…).

Le prélèvement se fait sous anesthésie générale, au bloc opératoire. Environ 400 ml de moelle sont prélevés dans les os du bassin, en réalisant plusieurs ponctions avec une aiguille. Ce prélèvement n'a aucun effet néfaste, car la moelle se reconstitue très rapidement. Le donneur est hospitalisé deux jours.

En cas de prélèvement de cellules souches du sang, un traitement par un facteur de croissance, pendant 4 à 6 jours avant le prélèvement, est indispensable. Bien que ce traitement semble bien toléré, il est difficile d'exclure qu'il puisse favoriser le développement de cellules tumorales. Cette technique n'est pas autorisée avec des donneurs mineurs.

Le greffon est transporté jusqu'au centre demandeur à température ambiante, ou à 4°C, voire congelé, selon les distances. Lorsque la greffe est réalisée pour un cancer, le malade est traité d'abord par une chimiothérapie et, éventuellement, une radiothérapie, pour supprimer les cellules tumorales. Ce traitement, qui détruit la moelle, a également pour objectif de prévenir les réactions de rejet. La greffe est réalisée un ou deux jours après la fin de ce traitement.

En cas d'autogreffe, il n'y a pas de rejet à craindre. Le prélèvement est réalisé avant la chimiothérapie, congelé, puis réinjecté une fois le traitement terminé. Soit le prélèvement est réalisé à un moment où la moelle ne contient plus de cellules cancéreuses, soit il est traité en laboratoire, pour le débarrasser de toute cellule tumorale avant la greffe.

Si la greffe est réalisée pour une affection non cancéreuse, une chimiothérapie est également administrée auparavant ou alors un traitement immunosuppresseur puissant, pour éviter que le greffon soit rejeté. Ce deuxième traitement, plus récent, est moins toxique et permet ainsi de greffer des personnes plus fragiles, chez qui la greffe serait sinon contre-indiquée.

Les cellules souches hématopoïétiques, quelle que soit leur provenance (moelle, sang ou sang de cordon), sont injectées dans le sang par une perfusion intraveineuse. Elles vont spontanément se diriger vers la moelle.

Après la greffe

La chimiothérapie ayant détruit les cellules immunitaires du sang et de la moelle, le risque d'infection est majeur et le malade doit être placé en chambre stérile. Le risque est maximal pendant les 10 à 30 jours nécessaires pour que la moelle se reconstitue. Mais il faut compter plusieurs mois pour que les défenses immunitaires se rétablissent. La durée du séjour en chambre stérile dépend de cette restauration immunitaire jugée sur des bilans sanguins réguliers. Pendant ce temps, des précautions draconiennes sont appliquées, comprenant notamment la cuisson en cocotte minute de tous les aliments, la stérilisation de tout objet entrant dans la chambre et la limitation des visites. Des transfusions de globules rouges et de plaquettes sont également nécessaires.

Lorsque la moelle n'a pas été complètement détruite et qu'un traitement immunosuppresseur plus léger a été appliqué, les règles d'asepsie peuvent être moins rigoureuses et l'hospitalisation est plus courte.

Les résultats de la greffe sont nettement meilleurs si elle a pu être faite avec un donneur apparenté, plutôt qu'un donneur anonyme. En cas de cancer, les résultats sont également meilleurs avec une allogreffe apparentée, qu'avec une autogreffe, et différents selon que la greffe a été réalisée au cours de la première ou de la deuxième rémission de la maladie. Ainsi, la moitié des adultes atteints de leucémie aiguë myéloïde ayant eu une allogreffe apparentée au cours d'une première rémission complète sont encore en vie 9,5 ans après ce traitement (médiane de survie) et sont donc probablement guéris. En revanche, lorsque l'allogreffe avait été réalisée lors d'une deuxième rémission, la moitié des malades sont en vie 13 mois après l'allogreffe. Néanmoins, le taux de survie à 5 ans est de 39 %, ce qui permet de penser que dans un bon nombre de cas la maladie est guérie.

Pour la leucémie lymphoïde aiguë, la médiane de survie après allogreffe apparentée atteint 10,9 ans, en cas de première rémission et 10 mois, en cas de deuxième rémission. Mais les résultats ne cessent de s'améliorer. Par ailleurs, ils sont dans l'ensemble nettement meilleurs chez l'enfant.

Lorsque la greffe est réalisée pour traiter une aplasie médullaire ou une maladie héréditaire, le résultat est essentiellement lié à l'existence d'un donneur HLA compatible. Pour les déficits immunitaires combinés sévères, qui, non traités, entraînent le plus souvent le décès en un ou deux ans, les taux de succès atteignent 95 % lorsqu'une allogreffe avec donneur apparenté peut être réalisé dans les premiers mois de vie.

En cas d'allogreffe apparentée pour aplasie médullaire, la survie est de 71 % à un an et 65 % à 5 ans. Mais elle n'est que de 46 % à 6 mois et 40 % à 24 mois, lorsque la greffe a été fait avec un donneur anonyme.

Le suivi après la transplantation

Il faut plusieurs mois et parfois jusqu'à deux ans pour que la personne greffée retrouve des défenses immunitaires pleinement efficaces. Pendant ce temps, elle doit éviter les endroits surpeuplés, tels que les centres commerciaux, les cinémas, les fêtes… Après l'hospitalisation, le patient doit absolument alerter immédiatement son médecin au moindre signe pouvant laisser supposer une infection ou une rechute (fièvre, douleurs, diarrhée…).

La principale complication, en cas d'allogreffe, est la maladie du greffon contre l'hôte. Celle-ci est plus fréquente chez les malades les plus âgées et chez ceux qui ont été greffés avec des cellules imparfaitement compatibles. Il s'agit d'une réaction immunitaire des cellules du greffon contre les organes du receveur. Cette réaction peut être aiguë, dans les trois premiers mois suivant la greffe, ou chronique et constituer une vraie maladie. L'intensité de la réaction est très variable, mais dans les cas les plus graves, elle peut retentir de manière majeure sur la vie quotidienne et mettre en péril le pronostic vital du malade, même lorsque l'affection pour laquelle la greffe a été réalisée a guéri. La réaction se manifeste, le plus souvent, par des signes cutanés (rougeur et brûlure de la peau) ou digestifs (diarrhée, nausées, perte d'appétit…). Un traitement immunosuppresseur est alors indispensable, qui va lui-même augmenter le risque d'infections.

Enfin, lorsque la greffe a été réalisée pour traiter un cancer, une rechute est possible pendant les premières années et doit être dépistée par des bilans réguliers. Ces rechutes sont plus fréquentes chez les personnes n'ayant pas eu de maladie du greffon contre l'hôte, ce qui souligne l'effet thérapeutique que peut avoir la réaction immunitaire déclenchée par le greffon, qui peut s'attaquer aux cellules tumorales. De ce fait, les allogreffes permettent un meilleur contrôle tumoral. Mais elles entraînent aussi plus de complications.

Dr Chantal Guéniot

Chiffres donnés par l'Etablissement français des greffes

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